ill.: illustrations produites par le centre ressources arts appliqués, académie de dijon, d.bontemps.

L’EXPOSITION INTERNATIONALE
DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES DE 1925
.

Didier Bontemps .


Sommaire:
Introduction.
Pourquoi une exposition?.
Les objectifs.
Les arguments.
Les espoirs économiques.
Les innovations artistiques.
Les expositions comme vitrines des produits de l'industrie.
L'exposition.
Une faillite architecturale.
Les portes et jardins.
Les pavillons.
Les pavillons modernes.
Les tissus.
Les précurseurs.
Les avant-gardes comme sources esthétiques majeures.
Les conséquences de 1925.
Bibliographie.

INTRODUCTION

L'année 1925 est imprégnée de l'héritage de la fin du XIXème siècle, mais se tourne déjà vers autre chose; un quelque chose
non encore défini.
L'année 1925 jette, sans en prendre encore vraiment conscience, les bases de ce que seront les fondements de l'art du XXème
siècle.
Des troubles politiques, économiques marquent cette période de l'entre-deux guerres. 1925 prend alors une dimension toute
particulière. Elle s'articule entre deux arts de vivre. L'un attaché au système bourgeois et à des traditions contraignantes
et restrictives techniquement et stylistiquement. L'autre tourné vers un avenir que l'on veut moderne. Dans ce contexte,
l'Exposition de 1925 va devenir une compétition entre les années 1900, représentées par la "Belle Époque" et
l'Art Nouveau et
le présent caractérisé par les "Années Folles" et
l'Art Déco.
Vingt-et-un pays participent à l'Exposition, la plupart européens. Il est à remarquer que l'Allemagne et les États-Unis déclinent l'invitation.
L'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris ouvre ses portes le 28 avril 1925.

POURQUOI UNE EXPOSITION?


ill.1 - Majorelle,
bureau nénuphar, bois et bronze.
(dessin d'après)


ill.2 - Émile Gallé,
silhouette de
pichet, vers 1900
(dessin d'après)
.


ill.3 - Émile Gallé,
base d'un pichet (détail),
vers 1900.
(dessin d'après
)


ill.4 - Paul Follot,
table, 1925.
(dessin d'après
)

  ill.5 - Maurice Dufrêne,
fauteuil, 1925, circa.
(dessin d'après
)


L'idée d'organiser une exposition telle que celle
de 1925 remonte aux années 1906/1907.
Il y a une prise de conscience des architectes,

des décorateurs, des créateurs qui ont fait le "style
1900" et participé à l'exposition de cette même
année, que l'Art Nouveau arrive à une sorte
d'épuisement, de non renouvellement.
La notion d'atelier et d'édition va cependant
demeurer avec l'apport du marchand et
collectionneur
Samuel Bing et son Pavillon de
l'Art Nouveau.
Émile Gallé connait un succès
remarquable avec ses “verreries”,
Majorelle avec
ses “meubles nénuphars”, et
René Lalique se
révèle le bijoutier le plus inventif avec l’utilisation
nouvelle de la pâte de verre.

Raymond Koechling (1860-1931, historien d’art
et vice Président de l’Union Centrale des Arts
Décoratifs (U.C.A.D.) analyse la situation ainsi
avant l’exposition en 1925 alors qu’il soutient et
défend la production moderne :
(...) "plusieurs industriels entrant sans
précipitationsuffisante dans la voie nouvelle
avaient mal orienté leurs recherches et s’étaient
lourdement trompés ; on doit reconnaître de
même que les artistes avaient éparpillés leurs
efforts. (...)
(...) Tous les intérêts menacés par les
nouveautés se liguèrent; ceux des industriels
qui en étaient restés à leurs buffets Renaissance
et à leurs bergères pseudo XVIIIème. (...)
(...) Ils déclarèrent la guerre aux “jeunes fous”
dont ils entrevoyaient la lointaine concurrence.
Les antiquaires vinrent à la rescousse : que
deviendrait le commerce du “vieux/neuf”,
le jour où la mode serait à des formes nouvelles ?

(Extrait de Raymond Koechling, "l'Exposition des
Arts Décoratifs Modernes. Les premiers efforts de
rénovation (1885-1914)",
Gazette des Beaux-
Arts
, Paris, 1925, 1er semestre, pp.258-259.)

En 1901, les créateurs fondent la Société des
Artistes Décorateurs (S.A.D.)
, avec entre autres
le peintre pompier
Georges-Antoine
Rochegrosse
, les ornemanistes de l’Art Nouveau
dont
Eugène Grasset, l’architecte Hector
Guimard
et de jeunes créateurs qui participeront
à l’exposition de 1925 :
Paul Follot, Maurice
Dufrêne
.
A partir de 1906, ils organisent une exposition
annuelle. C’est alors qu’est lancée l’idée d’une
confrontation internationale où la France
retrouverait un rôle de leader qu’elle semblait avoir perdu.

LES OBJECTIFS

L'exposition doit réunir des artistes, des créateurs, des artisans mais également des industriels en vue d'afficher la création
française à travers des objets utilitaires ou somptuaires.
La contrainte : Cette exposition devra être exclusivement d’art Moderne. Aucune copie ou pastiche des styles anciens n’y
sera admis.

LES ARGUMENTS

Un rapport de juin 1911 publié à la suite des expositions de Turin de 1902, de Milan de 1906 et de Rome de 1911 fait un état des
lieux de la création en France dans le domaine des arts décoratifs :
“Depuis 40 ans, nous faisons commerce de toutes les
richesses de notre mobilier national. Nous débitons des copies... des surmoulages... fabriqués en Italie, Espagne ou Belgique
où la main d’oeuvre est moins chère... Tomberons-nous à n’être qu’un peuple de mouleurs et de copistes? La concurrence
“moderne” est rude, et la France prend du retard par rapport à ses voisins européens plus innovants.”
(Extrait d'un rapport sur une Exposition Internationale des Arts Décoratifs Modernes. Paris, 1er juin 1911.
Sans nom d'éditeur - Bibliothèque
des Arts Décoratifs , Paris).

LES ESPOIRS ÉCONOMIQUES

Les fabricants produisent et vendent des objets semblables, les modèles étant tombés dans le domaine public : Renaissance,
Louis XVI, Empire.
De nouveaux modèles, contemporains, devraient amener la notion d'exclusivité et de part de marché pour l'industriel.

LES INNOVATIONS ARTISTIQUES

“Il faut ajouter l’art à l’utile, et non plus par l’art rendre inutilisable un objet utile”.
(Extrait d'un rapport sur une Exposition Internationale des Arts Décoratifs Modernes. 1er juin 1911.
Sans nom d'éditeur - Bibliothèque
des Arts Décoratifs , Paris).
L’art décoratif s'apparente jusqu' alors à l’art des industries du luxe. À partir de 1920 l’appellation arts décoratifs sera remplacée par
art appliqué à l’industrie . Les créations dites “modernes” sont encore trop souvent des pièces uniques (donc chères).
La production en série va orienter la création vers un désir de démocratisation de l'art.


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LES EXPOSITIONS COMME VITRINES DES PRODUITS DE L' INDUSTRIE

Le développement et la répétition des expositions est un phénomène
relativement
récent. Il rythme le XIXème siècle et le début du XXème siècle
(à l'exception de l'exposition des productions industrielles françaises de 1798
à Paris qui visait à abolir la mainmise des corporations sur la production).
La multiplication des expositions est liée à l'apparition et au développement
de l'industrie, ainsi qu'aux transformations sociales et économiques qui en
découlent. Neuf expositions nationales vont se succéder à Paris durant la
première moitié du XIXème siècle.

C'est à Londres cependant que va avoir lieu la première grande exposition
internationale en 1851. Elle préfigure un nouvel état d'esprit et une nouvelle
conception d'un monde industriel ouvert (concurrence avec l'étranger).
Elle est également un grand succès populaire puisque six millions de
visiteurs voient
le Crystal Palace de Joseph Paxton.

Les créateurs restent néanmoins sceptiques et souvent désemparés devant
la puissance et les possibilités nouvelles que propose l'industrie. Ils ne
savent pas utiliser et s’approprier les nouveaux matériaux ou les nouvelles
techniques. En ce qui concerne le fer et le verre, les ingénieurs remplacent
les architectes.


En 1884, est fondée en France l’Union Centrale des Arts Décoratifs
(U.C.A.D.)
. Elle va organiser des expositions par thèmes en associant
des créations contemporaines mettant en pratique une technique appropriée.
À la fin du XIXème siècle, les salons réservés aux arts dit “nobles” s’ouvrent
progressivement aux arts décoratifs.

En 1910 a lieu le Salon d’Automne des artistes du
Werkbund.
Les artistes allemands du
Werkbund seront baptisés
les “munichois” par les français. Le
Werkbund a été fondé en
1907 à l’initiative de l’architecte
Hermann Muthesius. Werkbund signifie :
“le lien pour l’oeuvre” et ce mouvement appelle à “dignifier le labeur
industriel en assurant l’action concentrée de l’art, de l’industrie et de
l’artisanat.” On peut y percevoir déjà ce que seront les orientations
du
Bauhaus neuf ans plus tard, en 1919.
Les français sont désorientés devant la force, la volonté et l’unité des
“munichois”. Ces derniers semblent représenter un danger : le critique
M.-P Verneuil écrit d’ailleurs dans la revue Art et Décoration en 1910 :
(...) “au point de vue esthétique (...) que trouvons-nous de moderne ici ?
En réalité peu de chose. Je vois la trace d' influences directes et
nombreuses : le style Biedermeier - Louis-Philippe alourdi, enrichi,
germanisé. (...) Pourquoi Louis-Philippe ? s’il est une époque mesquine,
lourde, sans grâce, c’est bien celle-là. (...) La France ne doit pas s’inspirer
des “munichois”.
(Extrait de M.-P. Verneuil, "le Salon d’Automne", Art et Décoration, Paris,
2ème trimestre 1910, pp. 129 à 137
.)

Un certain nationalisme va émerger en France en réaction au Werkbund.
Le
Werkbund apporte pourtant des notions nouvelles : l’unité et
la simplicité dans la conception de l’ameublement avec des formes
rigoureuses comme celles de
Paul Wenz et de Richard Riemerschmid,
qui font souvent défaut dans la décoration française de l’époque.
Vers 1910, des jeunes créateurs se rassemblent avec comme porte-parole
le critique André Véra qui écrit en 1912 :
“Pour le mobilier, la France n’ira
chercher son inspiration ni chez les anglais, ni chez les hollandais. Elle
continuera dans la tradition française, faisant en sorte que ce style nouveau
soit la suite du dernier style traditionnel que nous ayons, c’est à dire
du style Louis-Philippe.”
(Extrait de André Véra, “le Nouveau Style”, L’Art Décoratif, Paris 1912, p31.)

C’est dans ce contexte que l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs
Modernes devait d'abord ouvrir ses portes en 1915. Elle fut repoussée
en 1916, puis en 1922 et 1924. Enfin le projet put aboutir en 1925.

Les objectifs étaient toujours de promouvoir un art social, d'organiser une
grande
fête populaire, celle des “Années Folles”.



ill.6 - Joseph Paxton,
le Crystal Palace, 1851
Exposition Universelle de Londres.
(dessin d'après
)

ill7 - style Louis-Philippe,
commode.
(dessin d'après
)

ill.8 - style Biedermeier,
commode.
(dessin d'après
)

ill.9 - Richard Riemerschmid,
buffet, 1900.
(dessin d'après
)

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L' EXPOSITION

Rapidement, une polémique s’installa autour de l’exposition et des réalisations proposées : Auguste Perret déclare oralement
lors de l’exposition :
“L’art décoratif est à supprimer. Je voudrais d’abord savoir qui a accolé ces deux mots : arts et décoratif.
C’est une monstruosité. Là où il y a de l’art véritable, il n’est pas besoin de décoration” .
Le Corbusier avait déjà exprimé son point de vue quant à la situation des arts décoratifs, dans l’Esprit Nouveau en 1924 :
“L’art décoratif c’est de l’outillage, du bel outillage” .

UNE FAILLITE ARCHITECTURALE

Les propositions ne furent pas à la hauteur de l’évènement. Les bâtiments proposés n’offraient qu'un mimétisme du
vocabulaire et de la grammaire architecturale contemporaine. L’utilisation remarquée du béton armé n’a pas débouché sur une
nouvelle conception de l’art de bâtir, en harmonie avec les matériaux nouveaux, les moeurs, les fonctions, les idéaux
de l’ époque. Les traditions pesaient lourdement sur la création.

LES PORTES ET JARDINS

L'exposition occupe le coeur de Paris. L'accès se fait par plusieurs portes, dont la Porte d'Honneur. Elles ont essentiellement
un caractère monumental et décoratif et pas du tout fonctionnel. L'organisation de l'exposition elle-même posera d'ailleurs
problème en ce qui concerne la circulation dans Paris intra-muros et quant à la communication (espaces d'affichage).

La Porte d'Honneur s'étend entre le Grand et le Petit Palais.
Elle fut dessinée par les architectes
Henry Favier et André Ventre avec le
le concours du ferronnier
Edgar Brandt, et de René Lalique.
Comme dans plusieurs endroits de l’exposition, le thème du “jet d’eau” au
sommet des piles domine. Il deviendra un motif représentatif de
l'Art Déco.
ill.10 - la Porte d'Honneur
(dessin d'après)
Des jardins sont installés autour des pavillons qui composent l'exposition. Le plus remarqué fut celui aménagé par
Robert Mallet-Stevens qui y plaça ses "arbres cubistes" réalisés par les frères Martel: organisation dans l'espace
d'éléments préfabriqués en béton.


ill.11 - les arbres de Robert-Mallet Stevens .
(dessin d'après
)
LES PAVILLONS

ill.12 - pavillon "Pomone" du Bon Marché.
(dessin d'après
)

Les pavillons sont nombreux, mais leur qualité
est inégale. Très peu vont présenter une réelle
innovation. Imaginée à l'origine par la
Société
des Artistes Décorateurs (SAD)
, l'exposition
s’appuie sur un bilan de 1910. Les objets
présentés dans les pavillons sont pour la plupart
d’une conception antérieure à 1924.
Vers 1920, les Grands Magasins ouvrent des
ateliers sur le modèle de la Galerie
“L’Art Nouveau” de Samuel Bing.
Paul Follot crée l’atelier “Pomone”
au Bon Marché.
Maurice Dufrêne crée
“La Maîtrise” aux Galeries Lafayettes avec
des objets dans le plus pur style Art Nouveau
(luminaires, art de la table...etc).
L'architecture de ces pavillons adopte un style
géométrisant faisant référence autant au monde
de l’objet qu’au monde de l’architecture.
Le vocabulaire formel qui fera la caractéristique
de l'
Art Déco (volumes géométriques) est
plaqué sur des façades.


L’hôtel d'un riche collectionneur du groupe Ruhlmann a un très
grand succès. L’architecte en est
Pierre Patout avec des bas-reliefs de
Joseph Bernard. L’intérieur tente de proposer une unité dans la
diversité des mobiliers ou objets présentés.
Émile-Jacques Ruhlmann est le créateur de la plupart des meubles, des
tapis, des tissus. Les objets sont d’Edgar Brandt.
Ruhlmann incarne la grande tradition française de l’ébénisterie du
XVIIIème siècle, transposée dans les années 1920. C'est la clé de son
succès.



ill.14 - l'hôtel d'un riche collectionneur.
(dessin d'après
)


ill.13 - Émile-Jacques Ruhlmann,
mobilier et intérieur.
(dessin d'après
)


ill.15 - Émile-Jacques Ruhlmann.
motif art déco.
(dessin d'après
)


ill.16 - Pierre Chareau,
bureau-bibliothèque pour une ambassade française,
1925.
(dessin d'après)


ill.17 - Robert Mallet-Stevens,
hall pour une ambassade française,1925.
(dessin et animation d'après
)

L’Ambassade française :
Quelques éléments annoncent dans cette
hypothétique ambassade des intentions
“modernes”: le bureau-bibliothèque de
Pierre Chareau, (architecte). Chareau se
revendiquait davantage comme “ingénieur-
constructeur” plutôt que “coloriste-décorateur”.
L’espace est entouré d’étagères monochromes
orthogonales. Il était ami avec
Lipchitz et Lurçat
et se situait dans l’aile “moderne” de la
SAD
en 1925.

Le hall de
Robert Mallet-Stevens fit davantage
sensation avec une composition de
Fernand
Léger
et un panneau de Robert Delaunay.
L'organisation et la structuration intérieure
en plans parallèles et horizontaux sont
révélatrices d'une volonté moderniste de gérer
les espaces grandissant.


ill.18 - Pierre Chareau,
bureau pour l'ambassade française, 1925.

(dessin et animation d'après)

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LES PAVILLONS MODERNES

Les pavillons modernes sont rares.
Le critique Gabriel Mourey déclare :
“l’exposition des Arts Décoratifs est
immorale, voire anti-sociale. Ce n’est point l’exposition, mais l’art décoratif
moderne qui est anti-social, antidémocratique. L’art décoratif moderne est
essentiellement conservateur et rétrograde. Il produit pour les riches.
C’est en vain que l’on cherchera dans toute l’exposition un projet de maison
ouvrière ou seulement de logement”. (...)
et il insiste : “Ruhlmann n’a-t-il pas
surnommé sa création : “Hôtel d’un riche collectionneur”. En choisissant
comme thème une ambassade plutôt qu’une maison du peuple, la S.A.D.
a donné la mesure de l’esprit dans lequel travaillent nos architectes, nos
meubliers, nos ornementalistes. ll n’y a rien de moderne”. Architectes et
meubliers méconnaissent le triple principe d’économie : économie d’argent,
économie de place, économie de matière qui régit la vie contemporaine.
(1925).”

D’un point de vue social, l’exposition de 1925 n'apporte pas de réponse.
D’un point de vue esthétique, les résultats sont en deçà des espoirs
escomptés.
Les architectes, les meubliers, les ornemanistes cherchent
à être rationnels. C’est un rationnalisme d’aspect et de surface.
Il se traduit par l’utilisation de formes géométriques primaires.
En architecture elles apportent monumentalité et rigueur mais n’en restent
pas moins décoratives et arbitraires sans tenir compte des matériaux
et des techniques nouvelles.

L’exposition présente très peu d’éléments “modernes”. Citons les
principaux :



Les deux pavillons de
Robert Mallet-Stevens, dont le pavillon du
tourisme
en béton armé. L’absence de décor démeusuré, et la rigueur
dans l’orthogonalité des éléments s’inscrit dans l’esprit “moderne”.
Des similitudes flagrantes existent avec l'aménagement intérieur du hall pour
une ambassade française.



La villa de l’Esprit Nouveau de Le Corbusier est l’édifice le plus
“moderne” de toute l’exposition. Il établit une correspondance et une
adéquation entre fonction et esthétique (forme/fonction).
Ce pavillon est mal reçu par le public et les pouvoirs publics. Il a été
financé par le méçénat de
Henri Frugès (industriel à Bordeaux) pour qui Le Corbusier a construit la cité de Pessac la même année.
Le pavillon est entièrement construit avec des éléments standards,
préfabriqués. Ils sont pensés et conçus par rapport à leur fonction
d’usage. Pour la partie “art décoratif”,
Le Corbusier dit ceci :
“Pour le mobilier, je me réfère à 1924 avec le souhait de fabriquer des
meubles standardisés fonctionnels pour l’industrie et le commerce, sans
rajout d’effet ou de rappel artistique ou historique par un quelconque décor
chargé d’intention”.
Aussi, Le Corbusier utilisera le travail de Thonet avec les sièges en bois
étuvé.
Le Pavillon de l’Esprit Nouveau était le plus pauvre de l’exposition;
ce fut la fierté de Le Corbusier. Il n’y avait rien de caché et toutes les
intentions étaient visibles et lisibles (pas d’or, de nacre, d’ivoire, d’argent...).
C’est la notion de “machine à habiter”.



ill.21 - Le Corbusier
ensemble de casiers standard, 1925,
"équipements intérieurs d'une habitation". (non présenté à l'exposition)
(dessin d'après
)






ill.19 - Robert Mallet-Stevens,
le pavillon du tourisme, 1925.
(dessin d'après
)

ill.20 - Le Corbusier,
le pavillon de l'Esprit Nouveau, 1925.
(dessin d'après
)


ill. 22 - Le Corbusier et Charlotte Perriand,
table en fer et verre, 1925.
(non présenté à l'exposition)
(reconstitution-infographie d'après
)

Le pavillon de l’URSS construit par Melnikov est avec le pavillon de l’ ”Esprit Nouveau” la création architecturale la plus
innovante. Il a voulu répondre aux besoins modernes des expositions fonctionnelles et temporaires par les matériaux choisis, leur
usinage et leur assemblage (bois/verre/couleur - dominantes rouge et blanc). Les critiques ont qualifié ce pavillon
de "baraquement de fortune" et de réponse à la crise économique rencontrée en URSS. Ils n’y ont vu aucun signe pour l’avenir.
L’intérieur présentait la diversité des tendances de l’art russe des années 20. Cohabitaient folklore et
constructivisme
dans la conception et les décors des objets (céramique de
Suétine). Le théâtre, l’affiche, l’art du livre sont profondément
marqués par le constructivisme et les avant-gardes :
Kasimir Malevitch, Archipenko. Tatlin présente son monument
pour la III ème internationale. Le pavillon de l’URSS est le seul pavillon étranger à proposer quelque chose
de nouveau, de fonctionnel et adapté à une exigence moderne impliquant des critères économiques et esthétiques.


ill.23 et 24 - Konstantin Melnikov,
le pavillon de l'URSS, 1925.
(dessins d'après
)


Le pavillon autrichien en revanche est confié à Joseph Hoffmann, le créateur des Wiener Werkstätte en 1903.
Si l' architecture du pavillon n’apporte pas de grandes innovations,
Hoffmann fait cependant appel à Peter Behrens pour édifier
sur la Seine
une serre suprématiste. Paxton en 1851 avait développé une performance technique. Behrens propose
ici une solution formelle ancrée dans les avant-gardes russes et adaptée à la technique du fer et du verre.


ill.25 - Peter Behrens,
serre sur la Seine, 1925.
(dessin d'après
)

Seuls ces quatre exemples démontrent lors de l'exposition une volonté de rompre avec l' historicisme et d'adapter
les technologie nouvelles à une nouvelle esthétique tournée vers la modernité.
Victor Horta pour la Belgique déçoit
dans un style néo-classique. Le pavillon néerlandais respecte la tradition locale : bois et briques et ses avant-gardes
ne sont pas représentées. Le pavillon britannique n’est pas concerné par une recherche “moderne” ni dans sa décoration
intérieure, ni dans sa conception architecturale.


ill.26 - Victor Horta,
Pavillon de la Belgique, 1925.


ill.27 - Easton et Robertson,
Pavillon de la Grande Bretagne, 1925.



L’exposition propose donc deux volets. D’un côté l’art décoratif (les contemporains) au sens traditionnel du mot
qui occupe une place importante quantitativement, avec un art d’élite où l’oeuvre unique est de règle. De l’autre,
l’
art industriel ou en voie d’industrialisation, qui s’adresse au plus grand nombre et met à sa disposition
des formes nouvelles et fonctionnelles (les modernes).

1925 a conjugué toutes les tendances depuis 1909 pour créer le
style Art Déco qui va marquer une décade.


ill.28 - motifs art déco entre 1925 et 1935.

LES TISSUS

La mode joue un rôle important dans les arts décoratifs de l’époque avec une figure essentielle :
Paul Poiret. Sa collaboration
avec
Raoul Dufy pour les tissus sera fructueuse. Les tissus de Sonia Delaunay marqueront également ces années 1920-1925.


ill.29 - (animation d'après)

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LES PRÉCURSEURS


ill.30 - Charles-Rennie Mackintosch,
chaise pour Hill House, 1902.
(dessin d'après
)


ill.31 - Joseph Hoffmann,
couverts, 1904.
(dessin et infographie d'après
)


ill.32 - Koloman Moser,
fauteuil, 1903.
(dessin et infographie d'après
)

ill.33 - Joseph Hoffmann,
Le Palais Stoclet, Bruxelles, 1911.
(dessin et animation d'après
)

ill.34 - Henry Van de Velde,
détail, "École d'Art du Grand-Duché de Saxe".
(dessin d'après
)

ill.35 - Adolf Loos,
Goldman & Salatsch building, Vienne,
1909/1911.
(dessin et animation d'après)

ill.36 - Sullivan et Adler,
Guaranty Building, Chicago,
1894/1895.
(dessins et animations d'après
)

Quelques jalons importants ont mené à la
transformation formelle des années 20.

Après l’exposition de 1851
William Morris crée
“la Morris Company”. Il rend responsable la
machine et la mécanisation de la médiocrité des
objets. Il veut renouer avec la production
artisanale et réhabiliter le travail manuel.
En opposition, les
“Arts and Crafts” vont
affirmer la nécessité de collaborer avec le monde
industriel. Les pays anglo-saxons sont à l’origine
d’un courant esthétique “puriste” dès l’extrème fin
du XIXème siècle. Alors qu’en France, en
Belgique, architectes et décorateurs utilisent
et multiplient les lignes fluides, organiques
inspirées de la nature, la Grande Bretagne
propose un art basé sur la ligne droite:
Charles
Rennie Mackintosch
(Glasgow) imagine une
architecture rationnelle fondée sur le
fonctionnalisme avec une esthétique japonisante.
Dans Hill House, à Helensburh (1902-1903),
il crée des espaces qui annoncent le
néo-
plasticisme
hollandais et le constructivisme
russe.

L’exposition annuelle de la
“Wiener Sezession”,
en 1900 révèle la parenté de
Mackintosch avec
les tendances de l’École viennoise et
particulièrement avec les oeuvres du peintre
Gustav Klimt et de l’architecte Joseph Hoffmann.
Vienne est le centre d’un mouvement moderniste
qui préfigure l’architecture du XXème siècle.
L’architecte
Otto Wagner forme à ses théories
rationalistes quelques-uns des jeunes qui créent
la sécession en 1897 :
Joseph Olbrich et
Joseph Hoffmann. L’on y trouve aussi Gustav
Klimt
et Koloman Moser.
Ils fondent avec Hoffmann en 1903 les
“Wiener
Werkstätte"
: ateliers d’art avec plusieurs
disciplines. L'objectif étant "d’élaborer des formes
adaptées à leurs usages, logiques, économiques,
répondant à des nécessités esthétiques”.
Il y a la volonté d'abandonner toutes références
historiques au profit de formes géométriques:
Le Palais Stoclet à Bruxelles en est un exemple
(1905-1908).
Hoffmann démontre que
l'architecture est un tout (extérieur/intérieur). Des
créateurs comme
Horta, Van de Velde, Gaudi,
Guimard avaient déjà oeuvré dans cet esprit.
En ce sens, le Palais Stoclet est déjà une
architecture de 1920.

En 1908 à Vienne
Adolf Loos dénonce de
manière virulente l'usage abusif et gratuit de
l'ornementation et du décor dans :
Ornement et
Crime
. Le Corbusier publie une traduction dans
l’Esprit Nouveau en 1920. Adolf Loos avait retenu
les leçons de
Sullivan (École de Chicago).
L’Europe découvre l’architecture de Chicago lors
de l’exposition de 1893 ainsi que les créations de
Franck Lloyd Wright japonisantes. Ce dernier
produit également industriellement du mobilier .

Il y a en ce début de XXème siècle une volonté
de faire apparaître le processus de fabrication et
de laisser au matériaux sa vérité spécifique. C'est
ce que propose
Henri Van de Velde en Belgique,
lorsqu’il conçoit en 1895 l’ameublement de sa
maison, le
“Bloemenwerf”. Il ne peut cependant
s’empêcher dans le contexte de l’époque de
rajouter quelques sinuosités comme décoration.
Il épurera ses créations pour arriver à une pureté en 1914, qu’il prône à
Weimar, prélude au
Bauhaus de Walter Gropius.


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LES AVANT-GARDES COMME SOURCES ESTHÉTIQUES MAJEURES

L’architecture et les arts décoratifs ont trouvé leurs fondements dans les courants artistiques qui jalonnent la fin du
XIXème siècle et le premier quart du XXème siècle. Dans le
fauvisme où la couleur exalte l’espace bidimensionnel et
l’organise de manière objective. Dans l’
expressionnisme : expression subjective liée au contexte social et politique.
Dans le
cubisme qui invente graphiquement de nouveaux espaces bidimensionnels (ou le futurisme en Italie).
Les couleurs des fauves agressent les décorateurs qui sont dans des palettes pâles héritées de l’Art Nouveau.
Ce sont
les Ballets Russes, à Paris qui vont révéler ces nouvelles tendances avec les peintres : Bakst, Benois, Korovine.
Dufy sera déterminant pour les arts décoratifs aux côtés de Paul Poiret à partir de 1909.
L’art du textile de 1920 est redevable à
Dufy.


Les Ballets Russes :
En 1909, Paris découvre les ballets de
Diaghilev avec la peinture très présente : décors, affiches, costumes...
La couleur est reine.
Léon Bakst est le chef de file de ces ballets auquel viendront se joindre en 1914 Nathalie Gontcharova
et
Michel Larionov. Après 1917, Satie, Poulenc, Picasso, Matisse, Derain, Max Ernst, Gabo, Pevsner, Cocteau...
participeront à la création des ballets de Diaghilev:
parade et train bleu...
Le cinéma n’est pas en reste :
Fernand Léger réalise en 1924 le Ballet Mécanique.

Malgré la forte présence de courants comme le fauvisme, l’architecture française évolue lentement à l’exception
de
Le Corbusier qui invente, en compagnie d'Amédée Ozenfant le purisme pour contrer l’aspect trop “décoratif” du cubisme.
Le purisme exprime par l'affirmation de la bidimensionnalité du tableau les invariants formels figuratifs, sans déchets.


Le Néo-Plasticisme (Pays-Bas): propose quant à lui une synthèse
des arts et fait figure d’un mouvement d’avant-garde essentiel durant
ces années 20.
Théo Van Doesburg, Piet Mondrian, Gerrit Rietveld...
créent et participent à
De Stijl. Leurs activités englobent tous les secteurs
de la création: peinture, sculpture, architecture, mobilier.
Basée sur la non figuration, leurs productions visent à rendre et à réinvestir
des réalités objectives.Ce courant se développe également sous l'appellation
d'
abstraction géométrique.

ill.38 - Gerrit Rietveld,
maison Schröder, 1923.
(dessin et infographie d'après
)

ill.39 - Gerrit Rietveld,
chaise rouge et bleue, 1917.
(dessin et animation d'après
)


ill.37 - Piet Mondrian,
tableau N°IV; composition avec du rouge,
gris, bleu, jaune et noir, 1924/1925.
(dessin d'après
)


ill.40 - Théo Van Doesburg,
composition V, 1924.
(dessin d'après
)


Le Suprématisme et Le Constructivisme (U.R.S.S.) : Kasimir Malevitch, Naum Gabo, Pevsner, El Lissitsky
sont à l'origine de ces courants. Ils diffusent leurs théories et leurs créations dans l'Europe entière. Comme l'avant-garde hollandaise,
ils vont produire dans les différents domaines de créations.


ill.41 - Kasimir Malévitch,
Suprématisme dynamique, 1916.
(dessin d'après
)

ill.42 - El Lissitsky,
Proun 99, 1924.
(dessin d'après
)

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LES CONSÉQUENCES DE 1925


ill.43 - Cassandre
caractères "bifur", 1929.
(dessin d'après
)



ill.44 - Jean Puiforcat,
pièce pour service à café, 1925.
(dessin et infographie d'après
)


ill.45 - Robert Mallet-Stevens,
Hôtel Martel, Paris, 1927.
(dessin d'après
)


ill.46 - Robert Mallet-Stevens,
suspension en métal poli, 1930.
(dessin et infographie d'après
)


ill.47 - René Herbst,
fauteuil, 1928.
(dessin et infographie d'après
)


ill.48 - René Herbst,
chaise de salon, 1928.
(dessin et infographie d'après
)


ill.49 - Mies Van der Rohe,
pavillon allemand, Exposition Universelle de Barcelone, 1929.
(dessin d'après
)

ill.50 - Mies Van der Rohe,
fauteuil "barcelone", 1929.
(dessin d'après
)

ill.51 - Walter Gropius,
le Bauhaus de Dessau, 1925.
(animation d'après
)


ill.52 - Marianne Brandt,
petit pot pour extrait de thé, 1924.
(dessin et infographie d'après
)


ill.53 - (animation d'après)


ill.54 - Marcel Breuer,
chaise avec piétement tubulaire, 1928.
(dessin et infographie d'après -
craa-db)


L’exposition de 1925 va influencer de manière
inégale les créateurs européens.
Dans certains domaines et en particulier dans
les productions liées à la consommation courante,
la tradition va être davantage tenace et les
innovations timides. Cependant, progressivement,
les ornements renoncent à la courbe et à l'aspect
végétal au bénéfice de jeux et d’imbrications de
formes géométriques (ill.28). Les contours tendent
vers des formes de base: cylindre, cône, cube...
qui vont devenir celles de l'
Art Déco.
Les espaces intérieurs s’agrandissent. L’objet tend
à prendre de plus en plus de place dans ces
espaces et à s' y intégrer formellement et
fonctionnellement.


Cassandre invente l’affiche des années 20 ainsi
que le caractère
“bifur” en 1929, symbole
d’une typographie “art déco”, d'aspect épuré et
géométrique.


L’univers de l’objet subit également quelques
transformations formelles:


En
orfèvrerie , les techniques artisanales
renforcent les traditions à travers le savoir-faire.
Pourtant, certains artisans ou ateliers se veulent
“modernes” dans leurs choix formels et décoratifs :
l’orfèvre
Jean Puiforcat se réclame de ceux-là
(ill.44). Ses productions restent cependant des
objets luxueux conçus avec des matériaux riches.


C’est
l'Union des Artistes Modernes
(U.A.M.)
, qui va déclencher véritablement la
production moderne. L’
U.A.M. rassemble autour
de
René Herbst, Francis Jourdain, Robert
Mallet-Stevens
, les insatisfaits de l’exposition de
1925.Ils veulent changer l’objet mais aussi les modes de vie. Ils vont s’intéresser aux modes
de fabrication industriels et à leur production.
Pour
Mallet-Stevens, le mobilier est directement
lié à l’espace intérieur et à sa fonction.


Le métal fait son entrée “en force” dans le
mobilier et le luminaire en
1927.


1927 va être un tournant dans la création au
XXème siècle. C’est l’amorce du
design
moderne
et la rupture avec l’Art Déco.
La notion de série se généralise avec la
production en grande quantité. L’avenir n’est plus
dans ceux qui ont dominé l’exposition de 1925,
mais dans l’
U.A.M. et L’Esprit Nouveau.



Les États-Unis adoptèrent un temps ces formes
“art déco” en tant que motifs décoratifs.
L’architecture américaine, après avoir rayonné
durant la reconstruction de Chicago (École de
Chicago, 1871-1922), sombre dans le décoratif
“gratuit” comme avec le Chicago Tribune de 1922
(réminiscences gothiques). Le vocabulaire
architectural est inadapté aux techniques utilisées.
L’Europe propose en 1921 une solution esthétique
nouvelle pour des matériaux nouveaux avec
Mies van der Rohe. Le Bauhaus de 1925 de Walter
Gropius
est l’illustration de ces nouvelles
tendances en Europe issues des avant-gardes.
Le pavillon de Barcelone de Mies confirme la
modernité des créateurs et l’émergence d'un
style
international
qui va condamner l'art déco.
Les préoccupations des architectes modernes
s'élargirent rapidement à la ville tout entière,
notamment à travers les
CIAM (congrès
internationaux d'architecture moderne, 1928-1959).
En 1933, le congrès d'Athènes fut consacré à
la "ville fonctionnelle" et définit des principes
d'organisation universels.



Certains objets de consommation restaient quant
à eux en retard d’un point de vue formel.
Les plus récents par leur technologie étaient
délaissés dans un premier temps par les
créateurs. Les fabricants plaquaient alors des
décors empruntés à l'architecture ou au mobilier
ancien. Le récepteur radio en est un exemple.
C'est
Wells Coates qui a travaillé avec Gropius
en Angleterre durant les années 1930, qui va
créer la première radio "ronde" en bakélite pour la
firme Ekco en 1934.
Le pot à thé de Marianne Brandt illustre le
devenir de l’objet du XXème siècle, ainsi que
les sièges tubulaires de
Marcel Breuer très
largement édités tout au long du XXème siècle..


Les arts décoratifs deviendront les arts appliqués à l’industrie en 1920.
L’exposition de 1925 devait être la réponse française à la poussée étrangère des “munichois” de 1910.
Elle devait
se démarquer de l’époque 1900 et apporter un nouveau style. Ce fut fait en partie avec le style ”art déco”.
L’architecture à été le révélateur et le support des tendances nouvelles très largement influencées dans les années 20 par les
Pays-Bas, la Russie. L’Allemagne quant à elle réalise en quelque sorte la synthèse des avant-gardes pour la communiquer
à ce qui allait devenir en
1930 l’esthétique industrielle sous l’impulsion de Raymond Loewy aux États Unis qui crée la première
agence de design. Le terme
design passera dans le langage courant au début des années1960.


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BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages généraux

- Brunhammer (Yvonne), 1925, Editions Les Presses de la Connaissance, Paris, 1976

- Brunhammer (Yvonne),
Le Style 1925, Editions Baschet & Cie, Paris, (1976)

- De Grada (Raffaele), Gualdoni (Flaminio), Marsich (Marina) et al.,
Le Mobilier du XXe siècle en France et en Europe,
Editions Mengès, Paris, 1991

- Gruber (Alain) sous la direction de,
L’Art décoratif en Europe : Du néoclassicisme à l’art déco, éditions Citadelles & Mazenod,
Paris, 1994

- Weber (Eva),
Art déco, PML Editions, 1994

- Laurent (Stéphane), chronologie du design, éditions Flammarion, Paris, 1999

- Vercelloni (Matteo) et Bianchi (Riccardo),
Le design : L’évolution des formes, des idées et des matières, de la révolution
industrielle à nos jours
, éditions Solar, Paris, 2005

Catalogues d’exposition

-
Cinquantenaire de l’exposition de 1925, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1976-1977

-
L’Esprit nouveau : Le purisme à Paris 1918-1925, Grenoble : Musée, 2001-2002

Catalogue de vente

-
Les Ruhlmann de Geneviève et Pierre Hebey, Vente publique Paris-Drouot Montaigne, 28 octobre 1999 à 21 heures,
(Commissaires-priseurs : Joël M. Millon et Claude Robert), (Experts et rédacteurs du catalogue : Cabinet d’expertises
Camard), 1999

Bibliographie "Exposition 1925", Histoire des Arts - EducNet


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